{"id":141,"date":"2023-06-24T17:33:19","date_gmt":"2023-06-24T15:33:19","guid":{"rendered":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/?p=141"},"modified":"2023-06-24T17:33:53","modified_gmt":"2023-06-24T15:33:53","slug":"quatuor-n14-opus-131-beethoven-l-van","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/quatuor-n14-opus-131-beethoven-l-van\/","title":{"rendered":"Quatuor n\u00b014 opus 131 (Beethoven L. van)"},"content":{"rendered":"\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation<\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019intitul\u00e9 du programme du bac indique l\u2019\u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e du dernier mouvement de l\u2019\u0153uvre, mais insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9couter l\u2019ensemble du Quatuor. Cette recommandation se trouve adapt\u00e9e \u00e0 cette \u0153uvre plus qu\u2019\u00e0 aucune autre : en effet, le compositeur a compos\u00e9 les sept mouvements de telle sorte qu\u2019ils soient \u00e9troitement li\u00e9s les uns aux autres, par deux proc\u00e9d\u00e9s :<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>l\u2019utilisation de double-barres non conclusives \u00e0 la fin de chaque mouvement, et les correspondances que le dernier mouvement entretien avec les mouvements ant\u00e9rieurs.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le quatuor n\u00b014 opus 131 (en Ut # mineur) pr\u00e9sente une physionomie tr\u00e8s originale (encore plus que les pr\u00e9c\u00e9dents) : il comporte 7 mouvements qui se jouent sans interruption. Le style d\u2019\u00e9criture contrapuntique et le style instrumental original du quatuor beethov\u00e9nien atteignent leur sommet. Ecriture et instrument sont totalement soumis \u00e0 la pens\u00e9e musicale, au m\u00e9pris de toutes formules en usage.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 1er morceau est lent, fugue au style et \u00e0 l\u2019\u00e9criture strictes, mais \u00e0 la forme libre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 2\u00e8me est un allegro sans forme pr\u00e9cise, et qui semble n\u2019\u00eatre qu\u2019une ample improvisation polyphonique faisant fi des habitudes d\u2019oreilles et des r\u00e8gles acad\u00e9miques, suscitant des rencontres d\u2019une rudesse inconnue \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 3\u00e8me : courte partie assez complexe, allegro puis adagio, sorte d\u2019intermezzo improvis\u00e9 \u00e0 la fin duquel Beethoven introduit le r\u00e9citatif.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 4\u00e8me mouvement : centre et sommet de l\u2019\u0153uvre, est un andante trait\u00e9 avec une grandeur insolite en vastes variations amplificatrices.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 5\u00e8me mouvement : presto en forme de scherzo, l\u2019un des plus d\u00e9velopp\u00e9s de Beethoven. Il s\u2019interrompt avec brusquerie pour faire place au 6\u00e8me mouvement.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 6\u00e8me mouvement : bref adagio, qui est encore une improvisation libre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le 7\u00e8me mouvement : apr\u00e8s tant de libert\u00e9 et d\u2019audaces, voici un finale en forme sonate stricte, mais avec quelques propositions (exposition de 77 mesures \u2013 d\u00e9veloppement de 82 \u2013 r\u00e9exposition de 103 et coda de 126 ! &gt;&gt; progression singuli\u00e8re).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Karl M\u00fcller a fait en 1886 une orchestration de ce quatorzi\u00e8me quatuor qu\u2019il a baptis\u00e9e du titre de Dixi\u00e8me Symphonie !<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\">T\u00e9moignages<\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Les derniers quatuors<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab Il est hors de doute que Beethoven, dans ses derni\u00e8res compositions, a consid\u00e9r\u00e9 l\u2019art sous un autre point de vue qu\u2019on ne l\u2019avait fait alors, et qu\u2019il a eu un autre objet que de charmer l\u2019oreille par le d\u00e9veloppement successif de quelques phrases principales, par des m\u00e9lodies heureuses, ou par de belles combinaisons harmoniques. Car, bien qu\u2019il y repr\u00e9sente sous une infinit\u00e9 de formes les th\u00e8mes de ces m\u00eames compositions, il les enveloppe en g\u00e9n\u00e9ral de tant d\u2019obscurit\u00e9s ; ces th\u00e8mes sont pour la plupart, si vagues. Les chocs des sons y sont souvent si durs, si d\u00e9sagr\u00e9ables \u00e0 l\u2019oreille. L\u2019ensemble, enfin, y a si peu de charme et de clart\u00e9\u2026 \u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Fran\u00e7ois-Joseph FETIS in Revue Musicale, 1830.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ce qu\u2019on appelle post\u00e9rit\u00e9\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ce qui est cause qu\u2019une \u0153uvre de g\u00e9nie est difficilement admise tout de suite, c\u2019est que celui qui l\u2019a \u00e9crite est extraordinaire, que peu de gens lui ressemblent. C\u2019est son \u0153uvre elle-m\u00eame qui, en f\u00e9condant les rares esprits capables de le comprendre, les fera cro\u00eetre et multiplier. Ce sont les quatuors de Beethoven (les quatuors XII, XIII, XIV et XV) qui ont mis cinquante ans \u00e0 faire na\u00eetre, \u00e0 grossir le public des quatuors de Beethoven, r\u00e9alisant ainsi comme tous les chefs-d\u2019\u0153uvre un progr\u00e8s sinon dans la valeur des artistes, du moins dans la soci\u00e9t\u00e9 des esprits, largement compos\u00e9e aujourd\u2019hui de ce qui \u00e9tait introuvable quand le chef-d\u2019\u0153uvre parut, c\u2019est-\u00e0-dire capables de l\u2019aimer. Ce qu\u2019on appelle la post\u00e9rit\u00e9, c\u2019est la post\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Marcel PROUST (1871-1922),<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>A la recherche du temps perdu, A l\u2019ombre des jeunes filles en fleurs (1919)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Dans les derniers quatuors, qui explorent des profondeurs m\u00e9taphysiques parfois effrayantes, s\u2019incarne un art musical si \u00e9labor\u00e9 et si sp\u00e9cifique qu\u2019il n\u2019eut gu\u00e8re de descendance, sauf peut-\u00eatre, au 20\u00e8me si\u00e8cle, dans les Quatuors de Bart\u00f3k. Le c\u00e9l\u00e8bre violoniste Schuppanzigh, qui assura la cr\u00e9ation du Quatuor op. 130 en mars 1826, se plaignit \u00e0 Beethoven de la difficult\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution et s\u2019entendit r\u00e9pondre : \u00ab Croyez que je pense \u00e0 votre mis\u00e9rable violon lorsque l\u2019Esprit me parle ? \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>UNE SORTE DE MALAISE\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il y avait dans la salle \u00e0 peu pr\u00e8s deux cents personnes qui \u00e9coutaient avec une religieuse attention. Au bout de quelques minutes, une sorte de malaise se manifesta dans l\u2019auditoire, on commen\u00e7a \u00e0 parler \u00e0 voix basse, chacun communiquant \u00e0 son voisin l\u2019ennui qu\u2019il \u00e9prouvait ; enfin, incapables de r\u00e9sister plus longtemps \u00e0 une pareille fatigue, les dix-neuf vingti\u00e8mes des assistants se lev\u00e8rent en d\u00e9clarant hautement que c\u2019\u00e9tait insupportable, incompr\u00e9hensible, ridicule ; \u00ab c\u2019est l\u2019\u0153uvre d\u2019un fou, \u00e7a n\u2019a pas de sens commun \u00bb, etc.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le silence fut r\u00e9clam\u00e9 par un petit nombre d\u2019auditeurs et le quatuor se termina. Alors la rumeur de bl\u00e2me, si difficilement contenue, \u00e9clata sans m\u00e9nagements : on alla jusqu\u2019\u00e0 accuser M. Baillot de se moquer du public en pr\u00e9sentant de pareilles extravagances. Quelques ardents admirateurs de Beethoven d\u00e9ploraient timidement la perte de sa raison. \u00ab On voit bien, disaient-ils, que sa t\u00eate est d\u00e9rang\u00e9e ; quel dommage ! Un si grand homme ! Produire de tels monstres apr\u00e8s tant de chefs-d\u2019\u0153uvre ! \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cependant dans un coin de l\u2019appartement, se trouvait un petit groupe (et il faut bien que j\u2019avoue que j\u2019en faisais partie, quoi qu\u2019on en puisse dire) dont les sensations et les pens\u00e9es \u00e9taient, bien diff\u00e9rentes. Les membres de cette fraction imperceptible du public, se doutant bien de l\u2019effet qu\u2019allait produire sur la masse l\u2019ex\u00e9cution du nouveau quatuor, s\u2019\u00e9taient r\u00e9unis pour n\u2019\u00eatre pas troubles dans leur contemplation. A quelques mesures du premier morceau, je commen\u00e7ais \u00e0 craindre de m\u2019ennuyer sans que l\u2019attention avec laquelle j\u2019\u00e9coutais perd\u00eet de son intensit\u00e9. Plus loin, ce chaos paraissait se d\u00e9brouiller : au moment o\u00f9 la patience du public se lassait, la mienne se ranimait et j\u2019entrais sous l\u2019influence du g\u00e9nie de l\u2019auteur. Insensiblement, son action devint plus forte. J\u2019\u00e9prouvais un trouble inaccoutum\u00e9 dans la circulation, les pulsations de mes art\u00e8res devenaient plus rapides ; d\u00e8s le second morceau qui succ\u00e8de au premier sans interruption, p\u00e9trifi\u00e9 d\u2019\u00e9tonnement, je me retournai vers un de mes voisins et je vis sa figure p\u00e2le, couverte de sueur et tous les autres immobiles comme des statues. Peu \u00e0 peu, je sentis un poids affreux oppresser ma poitrine comme un horrible cauchemar, et sentis mes cheveux se h\u00e9risser, mes dents se serrer avec force, tous mes muscles se contracter et enfin, \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une phrase du finale, rendue avec la derni\u00e8re violence par l\u2019archet \u00e9nergique de Baillot, des larmes froides, des larmes de l\u2019angoisse et de la terreur, se firent p\u00e9niblement jour \u00e0 travers mes paupi\u00e8res et vinrent mettre le comble \u00e0 cette cruelle \u00e9motion\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Hector Berlioz, Quatuor en ut di\u00e8se mineur de Beethoven.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Unit\u00e9 de l&rsquo;oeuvre<\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>La partition comprend sept mouvements con\u00e7us pour se jouer pratiquement sans interruption. Elle semble construite d\u2019un seul bloc tant se r\u00e9v\u00e8lent les liens harmoniques et surtout rythmiques puissants qui assurent l\u2019unit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019unit\u00e9 th\u00e9matique est assur\u00e9e par un motif de quatre notes, proche, sinon commun de surcro\u00eet, aux deux quatuors pr\u00e9c\u00e9dents opus 130 et 132 :<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019utilisation d\u2019un motif de quatre notes pour lier le mat\u00e9riau th\u00e9matique de l\u2019ensemble du quatuor \u2014 tr\u00e8s neuve pour l\u2019\u00e9poque \u2014 se situe d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 dans une perspective tr\u00e8s contemporaine : ce n\u2019est que vers la fin du si\u00e8cle que ce proc\u00e9d\u00e9 va se d\u00e9velopper avec Vincent d\u2019Indy et son proc\u00e9d\u00e9 cyclique. Wagner fera de m\u00eame en Allemagne\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Tel que le d\u00e9finit Vincent d\u2019INDY, cr\u00e9ateur du terme, le \u00ab cyclisme \u00bb est un proc\u00e9d\u00e9 de construction qui permet, non pas, comme on le croit parfois, de rappeler dans un mouvement les th\u00e8mes des mouvements pr\u00e9c\u00e9dents, mais de constituer dans chaque mouvement des th\u00e8mes nouveaux, issus par d\u00e9rivation d\u2019un th\u00e8me ant\u00e9rieur dont les \u00e9l\u00e9ments g\u00e9n\u00e9rateurs seront dits \u00ab motifs cycliques \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Analyse du 7\u00e8 mouvement<\/h1>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Wagner le qualifie de \u00ab danse du monde men\u00e9e par le formidable m\u00e9n\u00e9trier \u00bb. C\u2019est une v\u00e9ritable \u00ab bataille instrumentale \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Les mouvements en forme sonate traditionnelle pr\u00e9sentent une structure sym\u00e9trique, l&rsquo;exposition et la r\u00e9exposition de deux th\u00e8mes encadrant un d\u00e9veloppement ; le tout est conclu par une coda g\u00e9n\u00e9ralement assez br\u00e8ve. Beethoven a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, au moins depuis la Symphonie h\u00e9ro\u00efque, une forte propension \u00e0 bousculer les proportions de ces sections. Mais dans ce finale, la sym\u00e9trie est totalement abandonn\u00e9e au profit d&rsquo;une conduite en expansion :<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Exposition, mes. 1 \u00e0 77<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>D\u00e9veloppement, mes. 78 \u00e0 159<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>R\u00e9exposition, mes. 160 \u00e0 261<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Coda, mes. 262 \u00e0 388.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le mat\u00e9riel th\u00e9matique oppose deux th\u00e8mes constitu\u00e9s chacun de plusieurs motifs, que l&rsquo;exposition pr\u00e9sente avec un trajet harmonique d&rsquo;une parfaite clart\u00e9 : A \u00e0 la tonique, B \u00e0 la relative (opposition traditionnelle, dans style classique, pour le cas o\u00f9 le mode initial est mineur).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>P\u00e9riode de composition : de d\u00e9cembre 1825 (premi\u00e8res esquisses) \u00e0 juillet 1826.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>D\u00e9di\u00e9 au baron von Stutteheim ; \u00e9dit\u00e9 chez Schott (Mayence) en avril 1827.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Partition du 7\u00e8me mouvement analys\u00e9e<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Tableau : Analyse du 7\u00e8me mouvement<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Source : Anne LECLERE : <a href=\"http:\/\/www2.ac-lyon.fr\/enseigne\/musique\/dbac2006.html\">http:\/\/www2.ac-lyon.fr\/enseigne\/musique\/dbac2006.html<\/a> (ici ou en cache)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Fruits d\u2019une m\u00e9ditation solitaire, ferm\u00e9e au monde ext\u00e9rieur par la surdit\u00e9, ils rel\u00e8vent d une recherche qui les rend complexes, moins spontan\u00e9s, au point de sembler parfois assez herm\u00e9tiques. Le travail tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9 des id\u00e9es et leur abondance accroissent souvent les proportions des mouvements qui peuvent para\u00eetre longs \u00e0 l\u2019auditoire. L\u2019\u00e9coute doit donc se faire diff\u00e9rente. Il ne faut pas s\u2019attacher \u00e0 un th\u00e8me, chercher \u00e0 le retrouver, mais admettre cette \u00ab m\u00e9lodie infinie \u00bb et se laisser emporter par sa richesse, sa vari\u00e9t\u00e9, sa mouvance. Moins d\u00e9bordante de lyrisme, peut-\u00eatre, elle gagne en intimit\u00e9, en richesse, en nuances.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le cadre et la forme sont aussi profond\u00e9ment boulevers\u00e9s. Le plan habituel en quatre mouvements contrast\u00e9s peut \u00eatre pulv\u00e9ris\u00e9 au profit d\u2019une succession de mouvements plus courts, peu diff\u00e9renci\u00e9s. Les d\u00e9veloppements, complexes, savants, recherchent l\u2019innovation rythmique ou harmonique, ce qui ne va pas sans certains frottements surprenants. A la limite, certains passages tr\u00e8s travaill\u00e9s dans la Grande Fugue par exemple, semblent plus satisfaisants \u00e0 la lecture qu\u2019\u00e0 l\u2019audition.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cette polyphonie complexe est encore renforc\u00e9e par l\u2019autonomie des instruments. L\u2019auteur leur impose un \u00e9largissement de leur tessiture, et donc un accroissement de leurs possibilit\u00e9s techniques. Cette exigence ne s\u2019adresse pas qu\u2019au seul premier violon. Il n\u2019y a plus maintenant pr\u00e9s\u00e9ances et voix secondaires, solistes et comparses, mais quatre partenaires \u00e9gaux, unis dans un dialogue d\u2019une incroyable fluidit\u00e9. La coh\u00e9sion entre eux devient si totale qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019entendre un r\u00e9citatif continu.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ces derniers quatuors sont-ils alors \u0153uvres de pointe, valables au seul plan intellectuel ? \u0152uvres d\u2019avant-garde certes ! Mais non pas intellectuelles, car les recherches n\u2019\u00e9touffent jamais le monde int\u00e9rieur de Beethoven, bouillonnant de lyrisme, de r\u00e9volte dramatique et de vitalit\u00e9 !<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>A la rigueur qu\u2019impose l\u2019\u00e9criture \u00e0 4 parties s\u2019oppose, dans les derniers quatuors, une tr\u00e8s grande libert\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse du nombre (de 4 \u00e0 7) ou de la disposition des mouvements, de l\u2019expression (nombreux changements de tempo \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un m\u00eame mouvement). Tr\u00e8s en avance sur leur temps, ils ne commenc\u00e8rent \u00e0 \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s du public qu\u2019\u00e0 la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\r\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/String_Quartet_No._14_(Beethoven)\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/String_Quartet_No._14_(Beethoven)<\/a><\/li><li><a href=\"http:\/\/www.ludwigvanbeethoven.fr\/content\/quatuor-%C3%A0-cordes-n%C2%B014\">http:\/\/www.ludwigvanbeethoven.fr\/content\/quatuor-\u00e0-cordes-n\u00b014<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/imslp.org\/wiki\/String_Quartet_No.14,_Op.131_(Beethoven,_Ludwig_van)\">https:\/\/imslp.org\/wiki\/String_Quartet_No.14,_Op.131_(Beethoven,_Ludwig_van)<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/pad.philharmoniedeparis.fr\/doc\/CIMU\/0772563\/quatuor-a-cordes-no-14\">https:\/\/pad.philharmoniedeparis.fr\/doc\/CIMU\/0772563\/quatuor-a-cordes-no-14<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/classik.forumactif.com\/t1252-beethoven-les-quatuors-presentation-et-discographie\">https:\/\/classik.forumactif.com\/t1252-beethoven-les-quatuors-presentation-et-discographie<\/a><\/li><\/ul>\r\n<\/div><\/div>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation L\u2019intitul\u00e9 du programme du bac indique l\u2019\u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e du dernier mouvement de l\u2019\u0153uvre, mais insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9couter l\u2019ensemble du Quatuor. Cette recommandation se trouve adapt\u00e9e \u00e0 cette \u0153uvre plus qu\u2019\u00e0 aucune autre : en effet, le compositeur a compos\u00e9 les sept mouvements de telle sorte qu\u2019ils soient \u00e9troitement li\u00e9s les uns aux [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":138,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-141","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=141"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":142,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141\/revisions\/142"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/media\/138"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=141"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=141"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/joubjoub.fr\/didasko\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=141"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}